Les pêcheurs doivent « marquer » les poissons
Si la plupart des pêcheurs plaisanciers consacrent leurs prises à des fins de consommation personnelle, certains n'hésitent pas à les revendre. photo archives Philippe Taris
Les pêcheurs doivent « marquer » les poissons
Pour mettre un frein à la revente, les plaisanciers du Bassin sont désormais tenus d'enlever la partie inférieure de la nageoire caudale de leurs prises.
L'arrêté ministériel vient tout juste d'être promulgué, en date du 17 mai 2011. Il concerne tout le littoral français et bien sûr le Bassin d'Arcachon et est destiné à la pêche de loisirs. Aussi bien la pêche maritime exercée sous toutes ses formes à pied, du rivage, sous-marine ou embarquée.
Le texte est clair : il faut dès aujourd'hui procéder à un « marquage » des poissons, dès leurs prises effectuées. Un marquage consistant en l'ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale.
Ne nous leurrons pas, il s'agit en l'espèce d'éviter que ces prises ne soient revendues à des professionnels. Une fois la nageoire mutilée, difficile de ne pas les reconnaître sur les étals…
« Nous avons commencé à informer quelques associations de plaisanciers, dont l'UNAN 33 et l'APPBA (Association des pêcheurs plaisanciers du Bassin d'Arcachon) », précise David Hartel, chargé des contrôles sur le Bassin d'Arcachon au sein des Affaires maritimes. Et nous allons consacrer beaucoup de temps à l'information auprès des plaisanciers du Bassin, notamment dans le cadre des Journées de la mer, ce week-end. »
Information avant répression
Car si cet arrêté ministériel est tout récent, il est d'ores et déjà applicable : « Bien sûr, nous allons avant tout privilégier la prévention, durant la saison estivale, ajoute David Harel. Mais ensuite, les contrôles seront plus sévères. » D'ajouter : « Dans tous les cas, effectuer le marquage n'exclut pas le respect des tailles des poissons. Nous sommes extrêmement vigilants là-dessus. »
Une liste de poissons a été publiée au plan national. Concernés au premier chef par ces mesures dans le Bassin d'Arcachon, les bars, maigres et daurades, poissons les plus pêchés par les plaisanciers.
Ainsi que le rappelle David Harel, cette mesure est un « outil de paix sociale ». Si, dans une immense majorité, les pêcheurs plaisanciers consacrent leurs prises à des fins de consommation personnelle, certains n'hésitent pas à les revendre, ce qui entraînait des conflits avec les professionnels. Tout le monde s'est mis autour de la table, que ce soit les associations de plaisanciers, organisations professionnelles. »
Peu de contrôles en mer
Cette concertation a été établie dans le cadre de la « Charte d'engagements et d'objectifs pour une pêche maritime de loisir écoresponsable », issue du Grenelle de l'environnement. Car si les pêcheurs en eau douce sont titulaires d'un permis, les amateurs de la pêche en mer n'étaient pratiquement soumis à aucun contrôle.
Ainsi, les fédérations représentatives des associations de pêcheurs de loisir en mer et les instances représentatives des pêcheurs professionnels ont accepté l'instauration de ce marquage des poissons pêchés par les pêcheurs de loisir.
Ce marquage effectué par le pêcheur dès que le poisson sort de l'eau, permet ainsi d'identifier immédiatement un poisson pêché par un pêcheur de loisir.
Du côté des associations, Mireille Denéchaud, présidente de l'UNAN 33, se montre d'ailleurs extrêmement favorable à cette nouvelle mesure : « On travaillait dessus depuis longtemps. Il semble que cet arrêté entre tout à fait dans ce que nous estimons être une pêche écoresponsable. Nous allons également faire de l'information auprès des associations de plaisanciers. »
source : sudouest.fr