Prise d’un monstre d'eau douce de sept kilos à la Jonction
© JDW | Le brochet pêché mardi matin sur les bords du Rhône affiche plus de sept kilos sur la balance. Une très belle prise.
Plus d'un mètre, quelque sept kilos et des dents acérées. Le monstre d'eau douce gît, la gueule ouverte, sur les bords du Rhône en face de la Jonction. Uka, un retraité d'une septantaine d'années, a ferraillé plus d'une demi-heure avant de sortir son premier brochet de l'année. Le ramener vers la rive, donner du mou, mouliner puis relâcher jusqu'à épuisement. Une fois sur les berges, le pêcheur a crié à l'aide. "Mon arthrose et mes problèmes de dos m'empêchaient de l'extraire de l'eau".
La prise est belle car, aux dires des pêcheurs, brochets et truites n'abondent pas dans les eaux du Rhône, contrairement aux années précédentes. Raison avancée par le pêcheur, "cette maudite sécheresse". "Les vannes du Seujet restent closes, avance Uka, les poissons ne passent pas en amont. Quant aux truites, je n'en ai ferré aucune!" tonne le retraité.
Des silures dans le Rhône
Le fleuve se serait-il dépeuplé de ses habitants? "Pour les Genevois, dès qu'il n'y plus de truite, il n'y a plus de poisson", résume avec humour l'inspecteur cantonal Gottlieb Dändliker, qui réfute le lien entre sécheresse et besace vide. "Le débit d'eau a certes été diminué durant la nuit afin de rehausser le niveau du lac, mais ça n'explique pas vraiment le manque de touches des pêcheurs", poursuit Gottlieb Dändliker. L'absence de truites, chair noble par excellence, s'explique par les températures élevées de l'eau. "Au-delà de 21 degrés, cela devient intenable pour cette population qui va alors migrer vers la pointe de la Jonction, où l'Arve refroidit le cours d'eau", explique l'inspecteur cantonal.
Quant aux brochets, dont les prises se raréfient, Gottlieb Dändliker avance une toute autre hypothèse. Depuis quelques années, ils font face à de nouveaux prédateurs: les silures. Le plus grand carnivore à écailles en eau douce, qui peut atteindre 2 mètres 50, a été introduit illégalement dans les eaux genevoises voilà quelques années et se délecte des poissons locaux, brochets compris.
Au bord du fleuve, Uka savoure sa prise à l'idée du festin qui l'attend. "J'ai de quoi inviter sept à huit personnes à ma table", glisse le pêcheur. Sur les étals genevois, le kilo de brochet affiche plus de 30 francs. Une prise juteuse.
source : tdg.ch